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"Qui est Gérard Bessière ?"

Prêtre, écrivain et poète, Gérard Bessière est l’auteur d’un journal, aujourd’hui épuisé. Un fascinant « panorama intérieur » auquel les Éditions Diabase consacrent une anthologie : « J’ai 80 ans. A cet âge, de temps en temps, on est tenté de faire le bilan. Lorsque cette tentation me visite, je me dis « Oh là là » devant les fautes, les insuffisances qui remontent à la mémoire. Mais je ne m’y attarde pas. Ce qui est passé est passé et j’essaie de voguer vers l’avenir. Je goûte l’imprévu de la vie. Que de rencontres ! »

Ainsi parle, d’une voix douce et chantante, le P. Gérard Bessière, retiré depuis vingt ans en son village natal de Luzech, dans le Lot.

Prêtre, il exerça au sein du diocèse de Cahors, fut aumônier national des catholiques de l’enseignement public, prédicateur à la messe radiodiffusée de France Culture… Homme de lettres, il fut chroniqueur à La Vie, fonda avec d’autres des revues telles que Les cahiers du livre avenir et Notre Histoire, donna naissance à une bonne trentaine d’ouvrages, dont ce Jésus, le dieu inattendu, paru dans la collection « Découvertes » de Gallimard et traduit en quatorze langues. Poète, il a livré des recueils, des contes et s’engagea dans l’aventure d’un Journal qui fut publié en cinq tomes, de 1982 à 1995. Un journal non journalier, fait d’instants de grâce, de sourires mais aussi de ces « chocs de l’esprit, du cœur ou de l’âme » qui, après le théologien protestant allemand Dietrich Bonhoeffer, lui font envisager la vie comme une expérience « polyphonique ».

La lecture de La Ferveur du jour appelle parfois la gravité, parfois la légèreté, fait place à l’humour et à l’inattendu, s’attache à la dignité des hommes, aux beautés de la nature, à tous ces instants furtifs, ces visages entraperçus et ces émerveillements renouvelés. Des bruyantes rames du métro parisien au vagissement du vent le long des murs d’une église d’altitude, du souvenir d’une chambre de séminariste à celui d’une rencontre avec des syndicalistes polonais ou d’une soirée d’errance dans Jérusalem, l’œil est aux aguets, la joie prête à jaillir, l’étonnement toujours aussi vrai et le cœur disponible. « La joie, ça fait corps avec la vie. Quelle force, la vie », glisse Gérard Bessière.

La figure de ce Jésus qu’il n’a cessé d’interroger tout au long de sa vie, les textes des Évangiles qu’il a explorés avec érudition nourrissent délicatement l’intime remuement. Autant que cette recherche de la liberté intérieure qui lui fit dire un jour, à la suite de Jean Sullivan, qu’il aimerait être un « libre penseur catholique » et l’amena, on le pressent, à L’Enfant hérétique (Albin Michel, 2004).

Cette parole rare, sobre et profonde, s’achève par un texte inédit, simplement baptisé 2008, façon de suspendre sans clore ces pages qui en appellent d’autres.

« Ami(e) qui m’as rejoint
sur les sentiers de ces lignes,
à toi de feuilleter le livre de ta vie
et d’accueillir, éveillé(e),
l’humble ferveur du jour
».



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