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"Pas de réquisitoire plus violent dans sa sobriété que celui ci ."

Quelques mots à propos de ce roman paru en avril 2018 chez Diabase dont la lecture me trouble encore : il est de ces livres qu'on n'oublie pas, et par sa puissance dramatique et pour l'extrême qualité de son écriture.

On a beaucoup écrit sur et autour de la shoah ; l'originalité d'Elisabeth Laureau-Daull c'est d'avoir évité toute sentimentalité. Son héroïne Eva-Jeanne, rescapée des camps, vieille femme alcoolique qui, en dépit de sa fortune vit dans la crasse, le désordre et une solitude complète depuis le suicide de sa fille, et se dit elle même mauvaise épouse et mauvaise mère, est, à première lecture, odieuse. Puis à la faveur des souvenirs qui reviennent par étonnants éclairs - elle qui ne parle à personne - on comprend comment au cours de ces années atroces " saison de la grande peur " elle a été détruite et comme femme et comme mère.

Pas de réquisitoire plus violent dans sa sobriété que celui ci .


Marie Sizun / écrivaine

©DIABASE éditions 2016 - réal. : Alexandre Petrovski Darmon