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"Un roman-récit troublant et émouvant"

Il arrive un moment, au crépuscule de sa vie, que l’on soit tenté de se retourner et regarder en arrière ce personnage que l’on fut à vingt ans.
Etienne, qui à défaut de devenir écrivain s’est investi dans le journalisme, autre forme d’écriture, se souvient que dans les années soixante il avait écrit un manuscrit dont il ne reste que quelques feuillets.
Il les reprend avec émotion, car c’est un peu sa vie qu’il a couché sur le papier, ses amours turbulentes avec Muriel, l’aguicheuse, Livia l’indépendante ou encore Thalie la romantique. Ces ou ses trois femmes qui l’avaient marqué dans son esprit et dans sa chair, il en reste sûrement quelque chose aujourd’hui, sous une autre forme et d’autres prénoms.
Et reviennent comme des éclats des souvenirs de ce qui a été surnommé la Nouvelle vague, sur fond de Guerre d’Algérie, cette rébellion qui n’osait pas dire son nom mais a marqué à jamais bien des bidasses envoyés au fond des djebels. Des événements sanglants et traumatisants qui se noyaient dans les bras des femmes lors du retour à la métropole.
Des femmes aimées, trop aimées, ou pas assez, qui sont devenues autres, le parcours de l’existence n’étant qu’un reflet d’une narration dans lequel Etienne devient Steven.
Un roman dans lequel nombre de septuagénaires ne manqueront pas de se reconnaître, peu ou prou. Cette envie d’écrire lorsque la vingtaine triomphante nous offre la vie à grandes dents. Ce que l’on croit être la vie mais dont on s’aperçoit lorsque les cheveux, ou ce qu’il en reste, ont blanchi, que ce n’était peut-être qu’un prélude.
L’amour dans les sixties est un roman gigogne, dans lequel l’auteur se met en scène, revivant des passages amoureux ou guerriers, et dans le manuscrit inachevé se profile un troisième personnage.
Et parallèlement à cette jeunesse qui est ravivée, des problèmes actuels sont évoqués. Celui du suicide est abordé, par exemple. Celui de ces femmes qui se voulaient libres et désirables avant l’heure, avant que la libération sexuelle ait déferlé, mais qui étaient imprégnées, peut-être de ces récits-romans rédigés par Simone de Beauvoir, le Deuxième sexe par exemple.
Et nous revenons à notre quotidien par les publicités pour toutes sortes de thérapies censées soignés tous les maux de la terre et même du reste, avec comme figurants de jeunes vieillards vantant les mérites de tels médicaments, panacées, sports, cures thermales… Bizarrement, ce sont des personnes dites du troisième âge, appelées aussi senior quoique la formulation est erronée, puisqu’en sport senior équivaut à la quarantaine et dans le cas des sexagénaires et septuagénaires il vaudrait mieux dire vétéran, donc, dans ces publicités, ce sont des personnes fringantes qui ont besoin de ce genre de médication.

Un roman-récit troublant, émouvant, qui se décline un peu comme un clair obscur mêlant âge mûr et jeunesse turbulente, affection et amour, réalité et virtuel, mais toujours avec une vivacité d’esprit que l’on aimerait préserver.
Alors, dérision ou autodérision ? Imagination ou relation d’un vécu amélioré ?
Laissons le lecteur s’établir sa propre opinion selon son âge, sa sensibilité, son ressenti, son empathie dans ce qu’il peut reconnaître de sa propre existence.


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Paul Maugendre

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