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Marie-Hélène Bahain invite aux « Noces de lecture » entre fantasme et réalité

On avait lu « La Trouée Bleu », premier roman, violent, rentre-dedans entre un père et son fils, de Marie-Hélène Bahain. Elle balise à nouveau sa piste avec « Noces de lecture », invitation sans concession dans son univers littéraire et amoureux. Un court récit mystérieux, intime et troublant.

« C'est un étrange texte que.celui-ci. .Il n'y a qu'une voie entre lui et vous, entre lui et mol, une voie écrasée de lumière, tellement écrasée que le vent lui-même ne peut s'y poser. Le vent si fort, si puissant et parfois si léger. Trop pesant le vent, il ouvrirait la terre. Et les paysages de l'univers entier s'y engloutiraient ». Amoureuse d'un nommé Epsilon, personnage invisible mais palpable et omniprésent qui se greffe à chacune de ses pensées, de ses écrits, la narratrice s'imbibe et se nourrit - comme lui - du livre « Leçon de choses » de Claude Simon. Un bien curieux manège s'instaure entre ces deux êtres. Il y a duel, émotion, confrontation, amour, désir, passion, tension et forcément fusion. Marie-Hélène Bahain laisse échapper toute la sensualité qu'elle possède à travers les mots qui l'envoûtent ; ces mots que lui suggère sa lecture, ces mots que lui renvoient cet Epsilon qui l'attire et la déchire de tout son corps.
Si elle soumet son propre lecteur au vent des Interprétations, elle l'Invite aussi à ce mariage d'encre et de papier, à prendre en mains ce livre - « Leçon de choses » - et d'en savoir un peu plus sur le ressenti de l'auteur.
« Les mots de Claude Simon coulaient, rebondissaient dans l'espace intérieur, s'y déversaient.
L'un en quête d'Interstice pour s'y glisser, l'autre d'un miroir pour s'y refléter, un autre encore explorant les lieux de mémoire pour y rencontrer un écho. Ainsi allaient en moi les mots. Je le croyais, lecteur. C'est peut-être ce qui se passe pour toi en ce moment. Comment peux-tu comprendre ce qui m'est arrivé alors ? ».
Avec ces « Noces de lecture », Marie-Hélène Bahain signe assurément la plus hallucinée des préfaces qu'aurait pu imaginer le prix Nobel de littérature.

Stéphane Pajot, PRESSE-OCEAN, le 28-01-2003

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