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"Un texte poétique, lumineux et contemplatif."

Angélique a vécu cent cinq ans, alors Anne-José Lemonnier « dessine » cent cinq tableaux pour rendre hommage à sa grand-mère qui ne quittera jamais son village de Plouéden : le sel de la vie au cœur du bleu de la Bretagne et de sa nature.
L’océan, les falaises, les nuages, le vent, la flore omniprésents traversent le temps et les saisons. Angélique ne se lassera jamais de les contempler et de les admirer, naturellement, le temps passant (pas le paysage), Angélique ralentira et ses observations s’en trouveront modifiées, une autre beauté apparaîtra.
Chaque saison propose la sienne, ses propres couleurs, ses chants, ses odeurs et Angélique saura les apprécier et les relever.
Un texte poétique, lumineux et contemplatif, d’une grande délicatesse, superbe hommage à une grand-mère, à sa vie modeste mais essentielle et à la nature immuable.
Dès le livre refermé, on regrette que cent cinq saisons passent aussi vite !

« A cette pointe de la terre, entre son dernier cap et sa dernière presqu’île, le paysage symbolisait la constance exemplaire et la variation incessante. Il était en même temps ce qui dure et ce qui passe, la splendeur millénaire et l’extase d’une seconde. »

« Les âges se superposent et superposent leurs saisons, comme le jardin ses coins et ses recoins. »

Max Buvry / Librairie Vaux Livres

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"Pas de réquisitoire plus violent dans sa sobriété que celui ci ."

Quelques mots à propos de ce roman paru en avril 2018 chez Diabase dont la lecture me trouble encore : il est de ces livres qu'on n'oublie pas, et par sa puissance dramatique et pour l'extrême qualité de son écriture.

On a beaucoup écrit sur et autour de la shoah ; l'originalité d'Elisabeth Laureau-Daull c'est d'avoir évité toute sentimentalité. Son héroïne Eva-Jeanne, rescapée des camps, vieille femme alcoolique qui, en dépit de sa fortune vit dans la crasse, le désordre et une solitude complète depuis le suicide de sa fille, et se dit elle même mauvaise épouse et mauvaise mère, est, à première lecture, odieuse. Puis à la faveur des souvenirs qui reviennent par étonnants éclairs - elle qui ne parle à personne - on comprend comment au cours de ces années atroces " saison de la grande peur " elle a été détruite et comme femme et comme mère.

Pas de réquisitoire plus violent dans sa sobriété que celui ci .

Marie Sizun / écrivaine

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"L’absence est la plus assourdissante des présences…"

Eva-Jeanne Szlomowicz est née à Lublin le 12 mars 1922 et suivit sa famille dans son exil français. Elle vécut une première mort à vingt ans, mais « mourir à vingt ans n’empêche pas la survie. » : Eva disparut pour laisser place à Jeanne et passa sa vie à survivre. Puis le jour où un Américain posait son pied sur la lune, une deuxième mort la consuma, l’enfant prit la décision de les quitter, l’enfant qui lui avait toujours dénié le titre de mère (« Tu n’es pas une mère comme il faut… Une mère doit juste être assez, partager la vie et passer le relais. »). L’enfant devant son refus de répondre à ses interrogations sur son histoire, leur histoire, n’avait pu grandir, se construire. Déportée à Ravensbrück en 1944, Jeanne à son retour choisit le silence (« Elle avait tout de suite su, quand elle était revenue, qu’il y aurait deux catégories de rescapés : ceux qui parleraient et ceux qui se tairaient. »), impossible de décrire l’horreur absolue, avait ignoré sa fille « préférant » son entreprise de parfums. Maintenant que Myriam n’est plus là physiquement, les souvenirs peuvent enfin percer, les fantômes reviennent et Jeanne peut mettre des mots sur son histoire, sur l’Histoire, et les tragédies multiples qui les accompagnent et qu’elle subit : un long dialogue avec la morte, car « ceux qui sont morts ne sont jamais partis… » Une confidence douloureuse d’une femme qui survécut seule et qui ne pouvait que marquer la fin d’une trajectoire cristallisée une écriture ciselée et épurée associée à une construction singulière et maîtrisée.

« L’absence est la plus assourdissante des présences… »

« Le passé devient fable quand il est récité, elle le sait, et se fier à sa mémoire est frôler l’imposture souvent. »

Max Buvry / Librairie Vaux Livres

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