Ceux qui peuvent prétendre aujourd’hui avoir connu Louis Guilloux doivent être bien rares. Yannick Pelletier est de ceux-là. Son témoignage et son hommage nous sont donc précieux.
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Au début des années 70, il avait entrepris une thèse sur le romancier. L’affaire s’avéra plus complexe que prévu, faute de remplir toutes les obligations décrétées par les règlements universitaires. Elle commença par une série de déboires parfois cocasses. Il se heurta à la difficulté de trouver un directeur de thèse. Il semblait alors incongru à certains universitaires qu’un étudiant puisse consacrer ses études à un écrivain vivant, soupçonné de surcroît de n’être qu’un écrivain régionaliste.
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Une fois les obstacles levés et les conditions enfin réunies, Yannick Pelletier rencontra enfin Louis Guilloux dans son bureau « en pleine lumière », dans sa maison de Saint-Brieuc en 1973. Leurs nombreux points communs les rapprochèrent d’emblée. Tous deux étaient briochins. Ils partageaient des préférences littéraires essentielles, en particulier Camus, Georges Palante, Jean Grenier, Jules Lequier. Et surtout, Yannick Pelletier a pour atout principal une bonne connaissance des romans de Guilloux et de leurs personnages.
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Au-delà des générations, Louis Guilloux est rapidement devenu un familier du jeune homme et de Danièle son épouse. « 1975 fut fertile en rencontres », immortalisées par les photographies de Danièle Pelletier réunies au centre du livre. Devenu professeur de lettres classiques et critique littéraire, Yannick Pelletier a œuvré pour la reconnaissance de l’écrivain après sa mort en 1980. Organisateur du prix Louis-Guilloux créé en 1983, il fut aussi le commissaire du centenaire de sa naissance en 1999.
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Cinquante ans plus tard, Yannick Pelletier revient sur cette rencontre qui reste déterminante pour lui : « Œuvres et rencontres se fondent comme en un même souvenir Marqué par « sa présence légère » et sa simplicité, il se souvient de la « parole d’un compagnon », de son « esprit libre » et de son humanisme, de l’exigence de son écriture vécue comme une haute « nécessité intérieure ».
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Marie-José Christien
Spered Gouez n° 31 / 2025