Louis Guilloux, toujours révolté

Étudiant en Lettres, Yannick Pelletier entreprend, à l’aube des années 1970, de consacrer sa thèse de doctorat au romancier Louis Guilloux, comme lui Briochin.

L’écrivain, désormais septuagénaire, reçoit aimablement la requête du jeune homme qui désire le rencontrer : « Croyez bien que je suis tout prêt à répondre vos questions. Nous prendrons tout notre temps. Il n’en demeure pas moins circonspect au sujet des travaux universitaires consacres aux livres : « Une œuvre n’a besoin de rien de plus que d’être là. » Ces fondements étant posés, les deux passionnés peuvent débattre à loisir des tours et détours de la littérature.

Belle occasion pour l’auteur du Sang Noir de mettre en pièces la doctrine popularisée par Jean-Paul Sartre de l’obligation morale pour l’écrivain d’être engagé. « On s’engage dans l’armée, on s’engage dans des trucs de ce genre ». Mais la pensée, elle, « est toujours dégagée, pas engagée ». Un beau cahier de photographies de Louis Guilloux réalisé par Danièle Pelletier vient compléter ce livre d’hommage à l’éternel révolté.

ArMen

janvier-février 2026