Une immersion saisissante dans le grand fleuve indomptable

À Saint-Florent-le-Vieil, la Maison Julien-Gracq accueille des résidences d’écrivain. Sophie Tessier, styliste exigeante remarquée en 2017 à l’occasion de la publication de son premier roman, Varech, a eu la possibilité d’y demeurer un mois à l’aplomb de la Loire toujours changeante, déconcertante, sauvage. Elle a tout vu, « une lévitation de libellules bleues, profuses, translucides », « un martin-pêcheur plongeant son feu turquoise dans l’obscur », « la tige glabre d’une renoncule qui s’allonge transie sous la verrière d’une eau verte », « la blondeur des roseaux », « le ciel qui fend l’armure au coin d’une embellie », et ces multiples visions fragmentées font le lit de proses poétiques brèves, sans concession. Et « tout cela, écrit le préfacier Alexis Gloaguen, est enveloppé des états impalpables de l’eau ; brume et pluie ; prolongé par la nuit qui n’est jamais la même quand elle respire l’air du fleuve ». Les Eaux froissées : une immersion saisissante dans le grand fleuve indomptable.

Ar Men n° 271, mars-avril 2026