Cœur de Cobalt est un objet particulier : cette écriture sur l’art n’est ni article critique ni illustration mais texte inspiré. Devant une peinture, une gravure, une sculpture, une photographie, Alexis Gloaguen est un contemplateur qui devient acteur.
Philosophe convoquant naturalistes ou paléontologues, il partage sa perception du « voir ». Pénètre dans une œuvre, s’y confronte, laisse les mots se déployer, interroge l’élan de la création en son mystère, le moment fuyant où l’on rentre en contact avec la présence de l’autre.
Attentif depuis de nombreuses années aux mammifères sauvages, aux oiseaux, à la survie des espèces, à la relation de l’homme à la nature, il questionne, en observateur amoureux, la représentation en noir et en couleurs, en finesse de traits comme en épaisseur de matière, et ses échos en mots.
Il invite à voyager dans les œuvres de Boris Lejeune, Robert Hainard, Roland Sénéca, Yves Doaré, Francis Mockel, Jean-Claude Roy. Une introduction resitue l’écriture du texte et en éclaire le hors-temps. Il y dévoile l’identité singulière des artistes et la relation créée avec chacun d’entre eux, relation où la durée, le respect, l’amitié sont présents. Provoquant la sensibilité du lecteur vers un paysage à rejoindre avec son propre imaginaire, il éclaire les territoires de l’ombre et du rêve.
Chercheur-poète, Alexis Gloaguen livre avec Cœur de Cobalt un de ces miroirs magiques qui permet de nous surprendre dans nos paradoxes et dans notre lien au monde. L’écrivain, l’artiste, le lecteur : trois sensibilités sont ainsi en dialogue et résonance sur le secret de la vie : le principe de l’infinie création.
Cypris Kophidès