Michel Madore a traité la langue en tant que matière première, de telle façon qu’elle semble privée d’une identité ou d’une origine linguistique particulière. Exactement comme cela se passe avec les notes de musique, la couleur, le mouvement du corps, la pierre, le marbre et tous les matériaux qui ont la possibilité de « parler » toutes les langues.
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Ceci ne veut évidemment point dire qu’il s’agit là d’une composition du vers simple ou simpliste, comme on aurait pu conclure hâtivement, en ayant comme argument la fonction particulière de la parole, comme un « corps » exempté d’un timbre particulier linguistique ou national. Tout au contraire, sa poésie, dans sa densité et son essence, devient un champ particulièrement exigeant pour le traducteur, aussi bien que pour le lecteur. Cette difficulté est compensée par le fait qu’elle possède sa dynamique propre qui établit, dès le début, les ponts nécessaires pour la transition d’une langue à l’autre. La forme des poèmes de Madore y contribue également, notamment les vers brefs, oligosyllabiques, qui créent une voie presque unique pour les rendre en grec moderne. Cependant, cet élément, qui au premier coup d’œil semble faciliter la traduction, la rend en réalité moins aisée, car elle oblige le traducteur à avancer sur un terrain difficile et exigeant, où il doit découvrir l’expression permettant d’atteindre l’équilibre entre le respect fidèle du sens et le rendu de la qualité poétique, de la musicalité, de l’harmonie, de la mélodie, du rythme.
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De ce point de vue, la poésie de Madore fut un pari particulièrement intéressant et un défi aussi bien sur le plan de la traduction que sur celui de son analyse. La fidélité absolue au sens et à la force du mot, la pureté de l’expression, la sobriété des moyens expressifs ainsi que le caractère direct de son écriture ont été des éléments attrayants pour motiver l’intérêt de s’occuper de ses vers. Cet attrait a été si puissant, que chaque étape du processus de traduction et de l’approche interprétative garde une partie du charme et de l’enthousiasme que l’on a ressenti dès le premier contact avec son œuvre. Ainsi, le désir de connaître et de s’occuper de sa poésie a finalement dépassé les frontières étroites de l’expression poétique et s’est élargie à une réflexion plus vaste et plus profonde sur l’art en général. Sur le terrain où la langue cesse de fonctionner comme un obstacle, elle devient un pont qui unit les hommes, les langues, les civilisations. Exactement comme cela se passe avec les arts non verbaux, parmi lesquels ceux que Madore cultive, pas du tout par hasard ni par coïncidence, parallèlement à la poésie.
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Michel Μadore
Un artiste «de la Renaissance »
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Michel Μadore est né le 5 Νovembre 1949 à Montréal au Canada. Il a étudié les mathématiques à l’Université de Québec et a poursuivi ses études de troisième cycle en sciences politiques. En 1975 il s’est consacré à la musique, avec comme résultat deux albums. Deux années plus tard il est parti pour Paris, où il a continué son activité musicale, pour la quitter définitivement en 1981 et s’orienter depuis 1983 et désormais vers la sculpture, la peinture et la poésie. Ces étapes principales de sa vie et de son activité créative rendent évident qu’il s’agit d’un profil d’artiste « de la Renaissance », d’un créateur qui perçoit l’art comme un tout indivisible et chacune de ses expressions différentes comme un champ où il peut expérimenter et mettre en valeur leurs possibilités.
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Les études de mathématiques et de sciences politiques, combinées à son activité créative sur la musique, la peinture, la sculpture et la poésie, créent un terrain particulièrement fertile pour étudier les liaisons entre les divers aspects et les formes de l’art.
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Ainsi, le cas particulier Madore se révèle désormais comme centre et point de départ d’une réflexion sur des sujets plus vastes concernant l’art ou l’esthétique. Des sujets qui ont à faire avec le souffle créateur et à sa manière d’être canalisé et d’inciter la synthèse, quelle qu’en soit la forme ou le champ où elle se déploie. Il s’agit d’une approche de l’art absolument révolutionnaire et à notre époque nécessaire, dans la mesure où elle met fin à la fragmentation dont les siècles derniers ont marqué aussi bien l’art que l’artiste. Cette approche ayant comme principe le concept holistique du phénomène artistique, et par conséquence du créateur même, qui est encouragé à se mouvoir entre les divers champs de création, en transportant de l’un à l’autre son expérience et son savoir.
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Le poète Madore, qui constitue la raison d’être de ce livre, offre en plus l’occasion d’interroger les liens de la poésie à la musique, à la peinture et à la sculpture. Ceci, par la suite, révèle que les manifestations diverses du phénomène artistique – malgré la matière première qui chaque fois peut être différente – sont plus reliées qu’éloignées l’une de l’autre, et communiquent entre tout en suivant chacune son propre chemin dans son propre monde. Ceci a une valeur et une signification particulière pas seulement pour l’art en soi, mais aussi bien pour la vie elle-même. Car elle introduit une vue d’ensemble en général ainsi que l’effondrement des lignes et limites de démarcation, l’entrelacement des parties qui composent l’existence humaine comme un ensemble d’éléments organiques et inséparables d’un seul corps qui est toujours le même.
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La musique de la poésie
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Dans la grande famille de l’art, la parenté la plus proche est peut-être celle entre la poésie et la musique. Leur relation ne se limite pas au seul fait que la poésie, même quand elle se rapproche de la prose, emprunte des éléments à la musique et que, de plus, l’expression poétique semble très souvent être en quête de sa performance et son interprétation musicale. Elle s’étend au contraire à d’autres « régions » qui sont relatives à leur matériel génétique, leur ADN. Cependant, ce qui est intéressant ne se réfère pas uniquement à leurs liens de parenté et de proximité, par conséquent la discussion ne doit pas se limiter ni s’épuiser au seul rythme qui, en tant qu’élément commun, les relie. On devrait en plus chercher leur origine commune : les sons qui, bruts et inexploités, se trouvent fondamentalement dans la nature, dans le monde naturel.
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On sait que la musique est née de l’imitation et de la répétition des sons produits par la nature et les divers êtres de la création. Un phénomène similaire s’est produit avec le langage, à ceci près que, dans son cas, l’imitation en constituait la première étape. Car par la suite, les sons ont servi à décrire l’espace environnant, à identifier et à définir les éléments qui le composent. La musique constituait donc la première étape de l’utilisation des sons naturels afin de provoquer une réaction positive et de produire une sensation agréable et plaisante pour l’ouïe humaine. Le langage, en revanche, ne s’est pas limité à cette simple exploitation externe des sons, mais, grâce à l’intellect, les a transformés en vecteurs de sens et de signification.
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Entre le langage et la musique, se situe la poésie qui parvient habilement à concilier deux objectifs : d’une part, captiver le lecteur par sa puissance sonore et son rythme et, d’autre part, transformer ce plaisir auditif en émotion, en image et perception du monde. La poésie de Madore, même traduite, parvient à cet équilibre d’une manière originale et particulièrement attrayante. La lecture même, ou plus encore la perception visuelle des poèmes, le confirme. Le fait que le poète choisisse souvent de composer un vers avec un seul mot, identifiant la limite du premier avec celle du second, rappelle fortement la disposition horizontale d’une partition musicale, où les notes se succèdent, formant un tout harmonieux et autonome doté de sa propre valeur artistique. De la même manière, les poèmes de Madore ressemblent à des « partitions verticales » où chaque mot-vers fonctionne comme un son distinct, une signification, une image, qui se rejoignent et interagissent, créant une œuvre unique dont le style est déterminé par la continuité, la cohérence et la relation des parties entre elles.
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La peinture de la poésie
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Une première approche visant à révéler la relation entre la poésie et la peinture ne peut que commencer avec l’idée que les mots sont équivalents aux images. C’est le cas où le poème semble s’ouvrir comme un vaste champ visuel, permettant de capter du regard tous les détails du monde et, à travers eux, l’image du « tout » avec tous les aspects et éléments qui le constituent et le composent. Le débat que l’on peut entamer est vaste et porte essentiellement sur le concept et la fonction de l’intuition, le processus par lequel l’esprit fonctionne comme un œil supplémentaire dans le paysage ou le cadre que le poète façonne en assemblant et en plaçant des images et des signifiants à des endroits précis. Ιl s’agit là d’un aspect particulièrement intéressant du phénomène poétique qui éclaire les capacités de représentation du poète, c’est-à-dire sa tendance à dépeindre, à représenter le monde (intérieur et extérieur), plutôt que de simplement l’affirmer.
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Cette approche suffirait à mettre en lumière le lien profond et indissoluble qui unit le langage à l’image, l’écriture à sa fonction de stimulus visuel. Dès lors, une nouvelle voie peut s’ouvrir pour la contemplation et l’évaluation du poème comme image autonome, comme empreinte réalisée par des signes spécifiques – les mots. Les mots, qui possèdent sans doute une substance sémantique, un contenu et une signification, mais qui ont aussi leur apparence et leur forme écrites, sous lesquelles ils se présentent au lecteur, avant même qu’il ait eu le temps d’en saisir le sens. Cette dimension visuelle acquiert une importance encore plus grande lorsqu’elle concerne non seulement le vers et le mot (ou les mots) qui le composent, mais le poème tout entier. Le poème qui se transforme en un autre type d’image, qui peut, selon le créateur, émaner selon le cas une sensation différente, acquérir une dimension ou une fonction différente.
Dans le cas de Madore, et parce qu’il est à la fois poète et peintre, l’étude de la construction de ses poèmes présente un intérêt particulier, à cause de l’empreinte claire et distincte de son regard artistique. Cette étude ne devrait pas tant viser le poème lui-même que le « paysage blanc » qui l’entoure. Parce qu’ainsi est créée une impression de pureté, de clarté et, en définitive, de liberté absolue dont le lecteur est invité à prendre plaisir et à bénéficier. Le poème ressemble à un petit détail sur la toile blanche de la page, et ce fait lui confère la dynamique et la perspective nécessaires pour constituer une « parenthèse », une note, un rappel au sein d’un univers dominé et scellé par la blancheur, synonyme de la connaissance unique et absolue. Qui ne perçoit pas ici l’appel du poète au lecteur, l’invitant à considérer l’étendue et la grandeur des possibilités de l’artiste dans l’ensemble des formes d’art, dont la poésie n’est qu’une ? Et, bien évidemment, qui ne reconnaît pas que le créateur considère la poésie comme faisant partie intégrante du monde où elle vient laisser son empreinte – discrète (parfois négligeable) et en même temps indélébile.
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La sculpture de la poésie
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La relation la plus éloignée entre les arts est peut-être celle qui unit la poésie et la sculpture. Pourtant, à y regarder de plus près, on perçoit la similitude du processus de création d’un poème et d’une sculpture : le processus commun de l’émergence et de la formation de ces deux œuvres à partir d’une masse informe, d’un ensemble de possibilités et de combinaisons. Pour le poème, ces possibilités proviennent du langage ; pour la sculpture, d’une matière première – pierre, marbre, argile ou autre. On va, également, percevoir l’immobilité dynamique ou, autrement dit, la rigidité active, qui scelle la phase de leur cristallisation et de leur potentiel à stimuler l’imagination et la perception du lecteur. Il s’agit là, notamment, des deux faces d’un seul phénomène artistique, dont l’explication remonte à la fameuse entéléchie d’Aristote, du cheminement d’un point de départ à son aboutissement qui coïncide avec la perfection, avec une forme complète et aboutie.
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C’est précisément cette dynamique, qui transformée en énergie, permet au poème et à la sculpture de communiquer par « transsubstantiation ». Qui rend possible la métamorphose d’une matière amorphe et inanimée, indifférente et étrangère, sans intérêt ni tension, en une œuvre qui parait familière, car elle porte en elle un fil conducteur universel et une intensité émotionnelle capable de devenir expérience de vie. Mais bien plus encore c’est le concept commun de la forme qui relie les deux arts, lorsqu’elle émerge unique et intacte comme centre de la création, pour devenir le vecteur de l’Idée qui inspire et anime la composition. En sculpture, la forme est primordiale – elle est le début ainsi que le but de l’œuvre – mais en poésie, elle revêt également une grande importance, car elle naît d’un choix parmi d’innombrables possibilités linguistiques et expressives. Un choix qui a sa signification et sa finalité et qui doit pouvoir être justifié. Autrement, et à juste titre, il serait considéré comme le fruit du hasard. Dans la poésie de Madore, la forme donne l’impression d’être guidée par une intention totalement abstraite, par la volonté du poète de mettre en lumière l’austérité et l’économie des moyens comme forces motrices de la création. Ses poèmes sont finement ciselés comme des œuvres d’art élégantes, tantôt semblables à des bijoux, tantôt à des sculptures qui profitent de la dimension verticale. Cette seconde catégorie de poèmes, la plus caractéristique, ne doit pas être interprétée uniquement sur la base du choix de la forme, mais aussi en tenant compte d’une attitude particulière envers la matière première de la poésie : le mot. Le fait qu’il le laisse porter le poids du vers, se dresser souvent seul, et constituer à la fois le centre et les limites extrêmes, témoigne de sa conception comme une création indépendante et autonome, qui révèle sa propre existence de sa valeur esthétique, car il fonctionne comme un point matériel produisant son, image et sens. Pourrait-on supposer que Madore prône et défend le retour de l’art à sa matière première ? Qu’il considère cette matière première comme point de départ et aboutissement de la création ? Il est difficile de répondre avec certitude, mais il est certain que le créateur privilégie l’élémentaire et l’essentiel, l’originel et le pur, comme quintessence et fondement de l’art. Et ceci se perçoit non seulement dans sa poésie, mais aussi dans les autres arts qu’il a pratiqués.
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La poésie de Michel Madore
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La poésie de Michel Madore est une poésie « en noir et blanc », non pas parce qu’elle est dépourvue de couleurs, mais parce qu’elle fonctionne exactement comme lorsque le blanc côtoie le noir et vice versa. Il s’agit essentiellement de la pureté avec laquelle les idées et les pensées émergent, de leur éclat et de leur brillance, qui parviennent au lecteur sans aucune médiation et, surtout, sans aucun effort. Il s’agit aussi de ce mélange paradoxal, et pourtant si vrai, d’intensité et de calme que ces deux couleurs transmettent – seules ou combinées – lequel est perçu comme l’une des caractéristiques fondamentales des poèmes. L’effet produit par l’intensité et le calme est tel que le lecteur revient de l’univers poétique dans un équilibre absolu, ayant harmonieusement expérimenté ces deux états controverses.
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La poésie de Madore est une poésie « grecque antique ». Sans prétention, pure et authentique, dépourvue d’éléments ou d’impressions superflus, à l’image de l’art de la Grèce antique, qui considérait la simplicité comme quintessence et fondement de la création. L’expression concise, qui permet d’éclairer le propos avec plus d’intensité et d’y concentrer l’attention du lecteur, l’austérité, le goût pour la clarté de la formulation, qui constituaient le principe et la valeur centrale de la création grecque antique, acquièrent dans la poésie de Madore une dimension et une perspective nouvelles. Elles viennent essentiellement rappeler au lecteur contemporain leur valeur et leur importance en tant que facteurs contribuant à l’harmonie et à la beauté qui émane de la simplicité et de l’essentiel. Surtout, elles posent à nouveau le problème et la question de la familiarité de l’homme avec l’art. Une familiarité qui ne peut s’atteindre que lorsque l’homme se rend compte que l’art est là pour lui enseigner la vie depuis le commencement, pour lui faire découvrir le monde comme si c’était la première fois – lorsque formes, couleurs et volumes rayonnaient au sein de leurs contours nets.
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La poésie de Madore est une poésie « linéaire ». Et ceci n’est pas tellement dû à la tactique habituelle du poète de composer ses poèmes de manière à les allonger et à former une séquence ininterrompue de vers oligossyllabiques. Elle est linéaire principalement car elle transperce comme une flèche tout ce qui pénètre son univers poétique. Elle est aussi linéaire parce qu’elle ressemble à un voyage entre concepts, images, actions et formes, qui sont à la fois stations et voyageurs, qui laissent derrière eux une trace et poursuivent leur voyage, apportant un nouvel élément qui a bord du poème va y entamer sa vie nouvelle. Et même si le poète parle de temps cyclique, il nie en réalité la cyclicité de l’art. Puisque le grand art authentique ne retourne jamais au point précédent, ne se répète jamais, ne revient jamais de la même manière à ce qui a été dit. Car l’histoire de l’art ne se répète jamais.
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Eustasie (Efi) Dimou
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Introduction à l’édition en langue grecque, traduction Katina Vlachou (éditions Koukkida 2026)